Compositori d'Opera dal Rinascimento al Novecento
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H. Berlioz

25/03/2012, 17:25




Romeo et Juliette -
Sinfonia drammatica per soli, coro e orchestra op. 17 ..







AVANT-PROPOS

On ne se méprendra pas sans doute sur le genre de cet ouvrage. Bien que les voix y soient souvent employées, ce n’est ni un opéra de concert, ni une cantate, mais une symphonie avec chœurs.

Si le chant y figure presque dès le début, c’est afin de préparer l’esprit de l’auditeur aux scènes dramatiques dont les sentiments et les passions doivent être exprimées par l’orchestre. C’est en outre pour introduire peu à peu dans le développement musical les masses chorales, dont l’apparition trop subite aurait pu nuire à l’unité de la composition. Ainsi le prologue, où, à l’exemple de celui du drame de Shakespeare lui-même, le chœur expose l’action, n’est chanté que par quatorze voix. Plus loin se fait entendre (hors de la scène) le chœur des Capulets (hommes) seulement; puis dans la cérémonie funèbre, les Capulets hommes et femmes. Au début du finale figurent les deux chœurs entiers des Capulets et Montagus et le père Laurence; et à la fin, les trois chœurs réunis.

Cette dernière scène de la réconciliation des deux familles est seule du domaine de l’opéra ou de l’oratorio. Elle n’a jamais été, depuis le temps de Shakespeare, représentée sur aucun théâtre; mais elle est trop belle, trop musicale, et elle couronne trop bien un ouvrage de la nature de celui-ci, pour que le compositeur pût songer à la traiter autrement.

Si, dans les scènes célèbres du jardin et du cimetière, le dialogue des deux amants, les apartés de Juliette et les élans passionnés de Roméo ne sont pas chantés, si enfin les duos d’amour et du désespoir sont confiés à l’orchestre, les raisons en sont nombreuses et faciles à saisir. C’est d’abord, et ce motif seul suffirait à la justification de l’auteur, parce qu’il s’agit d’une symphonie et non d’un opéra. Ensuite, les duos de cette nature ayant été traités mille fois vocalement et par les plus grands maîtres, il était prudent autant que curieux de tenter un autre mode d’expression. C’est aussi parce que la sublimité de cet amour en rendait la peinture si dangereuse pour le musicien, qu’il a dû donner à sa fantaisie une latitude que le sens positif des paroles chantées ne lui eût pas laissée, et recourir à la langue instrumentale, langue plus riche, plus variée, moins arrêtée et, par son vague même, incomparablement plus puissante en pareil cas.

1. INTRODUCTION

Combats – Tumulte – Intervention du Prince
(Orchestre seul)
Prologue
CONTRALTO SOLO, TÉNOR SOLO ET PETIT CHŒUR
D’anciennes haines endormies
Ont surgi comme de l’enfer;
Capulets, Montagus, deux maisons ennemies,
Dans Vérone ont croisé le fer.
Pourtant de ces sanglants désordres
Le Prince a réprimé le cours,
En menaçant de mort ceux qui malgré ses ordres
Aux justices du glaive auraient encore recours.
Dans ces instants de calme une fête est donnée
Par le vieux chef des Capulets.

CONTRALTO SOLO
Le jeune Roméo, plaignant sa destinée,
Vient tristement errer à l’entour du palais;
Car il aime d’amour Juliette, la fille
Des ennemis de sa famille!

CONTRALTO SOLO, TÉNOR SOLO ET PETIT CHŒUR
Le bruit des instruments, les chants mélodieux
Partent des salons où l’or brille,
Excitant et la danse et les éclats joyeux.
La fête est terminée et quand tout bruit expire,
Sous les arcades on entend
Les danseurs fatigués s’éloigner en chantant.
Hélas! et Roméo soupire,
Car il a dû quitter Juliette!
Soudain, pour respirer encore cet air qu’elle respire,
Il franchit les murs du jardin.
Déjà sur son balcon la blanche Juliette
Paraît et, se croyant seule jusques au jour
Confie à la nuit son amour.
Roméo, palpitant d’une joie inquiète,
Se découvre à Juliette
Et de son cœur les feux éclatent à leur tour.

Strophes
CONTRALTO SOLO ET PETIT CHŒUR
Premiers transports que nul n’oublie!
Premiers aveux, premiers serments
De deux amants
Sous les étoiles d’Italie;
Dans cet air chaud et sans zéphyrs
Que l’oranger au loin parfume,
Où se consume
Le rossignol en long soupirs!
Quel art dans sa langue choisie,
Rendrait vos célestes appas?
Premier amour, n’êtes vous pas
Plus haut que toute poésie?
Ou ne seriez-vous point, dans notre exil mortel,
Cette poésie elle-même,
Dont Shakespeare lui seul eut le secret suprême
Et qu’il remporta dans le ciel!
Heureux enfants aux cœurs de flamme,
Liés d’amour par le hasard
D’un seul regard,
Vivant tous deux d’une seule âme,
Cachez le bien sous l’ombre en fleurs,
Ce feu divin qui vous embrase,
Si pure extase
Que ses paroles sont des pleurs!
Quel roi de vos chastes délires
Croirait égaler les transports?
Heureux enfants! et quels trésors
Payeraient un seul de vos sourires?
Ah! savourez longtemps cette coupe de miel,
Plus suave que les calices
Où les anges de Dieu, jaloux de vos délices,
Puisent le bonheur dans le ciel!

TÉNOR SOLO ET PETIT CHŒUR
Bientôt de Roméo la pâle rêverie
Met tous ses amis en gaieté.
"Mon cher, dit l’élégant Mercutio, je parie
Que la reine Mab t’aura visité!"

Scherzetto
TÉNOR SOLO ET CHŒUR
Mab! la messagère
Fluette et légère,
Elle a pour char une coque de noix
Que l’écureuil a façonnée;
Les doigts de l’araignée
Ont filé ses harnois.
Durant les nuits, la fée,
En ce mince équipage,
Galope follement dans le cerveau d’un page
Qui rêve espiègle tour
Ou molle sérénade
Au clair de lune sous la tour.
En poursuivant sa promenade
La petite reine s’abat
Sur le col bronzé d’un soldat.
Il rêve canonnades
Et vives estocades,
Le tambour, la trompette;
Il s’éveille et d’abord
Jure et prie en jurant toujours,
Puis se rendort
Et ronfle avec ses camarades.
C’est Mab qui faisait tout ce bacchanal.
C’est elle encore qui dans un rêve habille
La jeune fille
Et la ramène au bal.
Mais le coq chante, le jour brille,
Mab fuit comme un éclair
Dans l’air.

LE PETIT CHŒUR
Bientôt la mort est souveraine.
Capulets, Montagus, domptés par les douleurs,
Se rapprochent enfin pour abjurer la haine
Qui fit verser tant de sang et de pleurs.
(Le chœur sort)

2. ROMÉO SEUL – TRISTESSE – CONCERT ET BAL – GRANDE FÊTE CHEZ CAPULET
(Orchestre seul)

3. SCÈNE D’AMOUR
Nuit sereine – Le Jardin de Capulet, silencieux et désert.
Les jeunes Capulets, sortant de la fête, passent et chantent des réminiscences de la musique du bal

DEUX CHŒURS
Ohé, Capulets! bonsoir, bonsoir!
Ohé, bonsoir, cavaliers, au revoir!
Ah, quelle nuit! Quel festin!
Bal divin! Quel festin!
Que de folles paroles!
Belles Véronaises,
Sous les grands mélèzes
Allez rêver de bal et d’amour,
Allez, rêver d’amour
Jusqu’au jour.
Tra la la la la la

Scène d’amour
(Orchestre seul)
4. LA REINE MAB, OU LA FÉE DES SONGES
Scherzo
(Orchestre seul)

5. CONVOI FUNÈBRE DE JULIETTE
CHŒUR DE CAPULETS
Jetez des fleurs pour la vierge expirée!
Jusqu’au tombeau, jetez des fleurs, etc.
Et suivez au tombeau notre sœur adorée!

6. ROMÉO AU TOMBEAU DES CAPULETS
Invocation – Réveil de Juliette
Joie délirante, désespoir, dernières angoisses et mort des deux amants
(Orchestre seul)

7. FINALE
La foule accourt au cimetière – Rixe des Capulets et des Montagus – Récitatif et Air du Père Laurence – Serment de réconciliation
MONTAGUS ET CAPULETS (ensemble)
CHŒUR DES MONTAGUS
Quoi! Roméo de retour! Roméo!
Pour Juliette il s’enferme au tombeau
Des Capulets que sa famille abhorre.
Ah! malédiction sur eux! Roméo!

CHŒUR DES CAPULETS
Quoi! Roméo de retour! Roméo!
Les Montagus ont brisé le tombeau
De Juliette expirée à l’aurore.
Ah! malédiction sur eux! Juliette!

MONTAGUS ET CAPULETS
Ciel! morts tous les deux
Et leur sang fume encore!
Quel mystère! Ah, quel mystère affreux!

LE PÈRE LAURENCE
Je vais dévoiler le mystère!
Ce cadavre, c’était l’époux
De Juliette. Voyez-vous
Ce corps étendu sur la terre?
C’était la femme, hélas, de Roméo.
C’est moi qui les ai mariés.

MONTAGUS ET CAPULETS
Mariés!

LE PÈRE LAURENCE
Oui, je dois l’avouer.
J’y voyais le gage salutaire
D’une amitié future entre vos deux maisons.

MONTAGUS ET CAPULETS (ensemble)
MONTAGUS
Amis des Capulets, nous!
Nous les maudissons!

CAPULETS
Amis des Montagus, nous!
Nous les maudissons!

LE PÈRE LAURENCE
Mais vous avez repris la guerre de famille!
Pour fuir un autre hymen, la malheureuse fille
Au désespoir vint me trouver.
"Vous seul, s’écria-t-elle, auriez pu me sauver!
Je n’ai plus qu’à mourir!"
Dans ce péril extrême
Je lui fis prendre afin de conjurer le sort,
Un breuvage qui, le soir même,
Lui prêta la pâleur et le froid de la mort.

MONTAGUS ET CAPULETS
Un breuvage!
LE PÈRE LAURENCE
Et je venais sans crainte
Ici la secourir.
Mais Roméo, trompé dans la funèbre enceinte,
M’avait devancé pour mourir
Sur le corps de sa bien-aimée.
Et presqu’à son réveil
Juliette, informée
De cette mort qu’il porte en son sein dévasté,
Du fer de Roméo s’était contre elle armée
Et passait dans l’éternité
Quand j’ai paru! Voilà toute la vérité.

MONTAGUS ET CAPULETS
Mariés!

Air
LE PÈRE LAURENCE
Pauvres enfants que je pleure,
Tombés ensemble avant l’heure,
Sur votre sombre demeure
Viendra pleurer l’avenir,
Grande par vous dans l’histoire,
Vérone un jour, sans y croire,
Aura sa peine et sa gloire
Dans votre seul souvenir.
Où sont-ils maintenant, ces ennemis farouches?
Capulets! Montagus! Venez, voyez, touchez,
La haine dans vos cœurs, l’injure dans vos bouches!
De ces pâles amants, barbares, approchez!
Dieu vous punit dans vos tendresses!
Ses châtiments, ses foudres vengeresses
Ont le secret de nos terreurs!
Entendez-vous sa voix qui tonne:
"Pour que là-haut ma vengeance pardonne,
Oubliez vos propres fureurs!"

MONTAGUS ET CAPULETS
Mais notre sang rougit leur glaive.
MONTAGUS
Le notre aussi contre eux s’élève.
CAPULETS
Ils ont tué Tybald!
MONTAGUS
Qui tua Mercutio?
CAPULETS
Et Pâris donc?
MONTAGUS
Et Benvolio?
CAPULETS
Et Tybald?

MONTAGUS ET CAPULETS
Perfides, point de paix! Non!
Non, lâches! Point de trêve! Non!

LE PÈRE LAURENCE
Silence, malheureux! Pouvez-vous, sans remords,
Devant un tel amour étaler tant de haine?
Faut-il que votre rage en ces lieux se déchaîne?
Rallumée aux flambeaux des morts?
Grand Dieu qui voit au fond de l’âme,
Tu sais si mes vœux étaient purs!
Grand Dieu, d’un rayon de ta flamme
Touche ces cœurs sombres et durs!
Et que ton souffle tutélaire,
A ma voix sur eux se levant,
Chasse et dissipe leur colère
Comme la paille au gré du vent!

MONTAGUS
Ô Juliette! Douce fleur!
CAPULETS
Ô Roméo! Jeune astre éteint!
MONTAGUS ET CAPULETS
Dans ces moments suprêmes,
Les Capulets (Montagus) sont prêts eux-mêmes
A s’attendrir sur ton destin.
Dieu! quel prodige étrange:
Plus d’horreur, plus de fiel,
Mais des larmes du Ciel
Toute notre âme change.

Serment
LE PÈRE LAURENCE
Jurez donc par l’auguste symbole
Sur le corps de la fille et sur le corps du fils,
Par le bois douloureux qui console,
Jurez tous, jurez par le saint crucifix,
De sceller entre vous une chaîne éternelle
De tendre charité, d’amitié fraternelle!
Et Dieu, qui tient en main le futur jugement,
Au livre du pardon inscrira ce serment.

CHŒUR
Jurez tous (Nous jurons) par l’auguste symbole
Sur le corps de la fille et sur le corps du fils,
Par le bois douloureux qui console,
Jurez tous (Nous jurons tous) par le saint crucifix,
De sceller entre vous (nous) une chaîne éternelle
De tendre charité, d’amitié fraternelle!
Et Dieu, qui tient en main le futur jugement,
Au livre du pardon inscrira ce serment.
Oui, jurez tous (nous jurons) par l’auguste symbole
Sur le corps de la fille et sur le corps du fils,
Par le bois douloureux qui console,
Vous jurez (Nous jurons) d’éteindre enfin
Tous vos (nos) ressentiments, amis, pour toujours!
I. INTRODUZIONE
Combattimenti - Tumulto - Intervento del Principe (Orchestra)
Prologo
CONTRALTO SOLO E PICCOLO CORO
Antichi rancori assopiti
Sono risorti come dall'inferno;
Capuleti e Montecchi, due casate nemiche,
In Verona hanno incrociato le spade.
Tuttavia il Principe ha frenato il corso
Di questi sanguinosi disordini
Minacciando di morte chi, malgrado i suoi ordini,
Avesse fatto ancora una volta ricorso alla giustizia della spada.
Durante quegli istanti di pace viene data
Una festa dal vecchio capo dei Capuleti.
CONTRALTO SOLO
Il giovane Romeo, piangendo il suo destino,
Va errando tristemente intorno al palazzo;
Ama di vero amore Giulietta, la figlia
Dei nemici della sua famiglia.

CONTRALTO SOLO E PICCOLO CORO
Il rumore degli strumenti, i canti melodiosi
Vengono fuori dalle sale dove brilla l'oro,
Eccitando e la danza e l'allegria.
La festa è terminata e quando ogni rumore si spegne,
Sotto i portici si odono
Gli stanchi danzatori allontanarsi cantando.
Ahimè! E Romeo sospira
Perché ha dovuto lasciare Giulietta! - D'improvviso,
Per respirare ancora l'aria ch'ella respira.
Scavalca le mura del giardino,
Già sul balcone la bianca Giulietta
Si affaccia e, credendosi sola fino al giorno,
Confida alla notte il suo amore.
Romeo, palpitando per un'inquieta gioia.
Si rivela a Giulietta e a sua volta
Gli sì infiamma il cuore.
Strofe
CONTRALTO SOLO
Primi trasporti d'amore che nessuno dimentica!
Prime confessioni, primi giuramenti
Di due amanti
Sotto le stelle d'italia,
In quell'aria calda e senza venti
Che in lontananza profuma l'arancio,
Dove si consuma
L'usignolo in lunghi sospiri.
Quale arte nella sua eletta lingua
Potrebbe restituire le vostre celesti bellezze?
Primo amore, non stai forse
Ancora più in alto di qualsiasi poesia?
O non saresti invece in questo nostro mortale esilio
Proprio quella poesia
Di cui Shakespeare solo conosceva il supremo segreto
E che porta via con se'...
CONTRALTO E PICCOLO CORO
... nel cielo!

CONTRALTO SOLO
Felici ragazzi, dai cuori ardenti!
Legati d'amore per la sorte
Di un unico sguardo,
Vivendo entrambi con una sola anima,
Celatelo sotto l'ombra fiorita,
Questo divino fuoco che vi infiamma,
Un'estasi cosi pura
Che le sue parole sono pianti!
Quale re potrebbe credere di uguagliare
II rapimento dei vostri casti deliri?
Felici ragazzi! E quali tesori
Potrebbero pagare uno solo dei vostri sorrisi?
Ah, gustate a lungo questa coppa di miele,
Più soave dei calici
Dove gli angeli di Dio, gelosi delle vostre delizie,
Attingono la felicita...

CONTRALTO SOLO E PICCOLO CORO
... nel cielo!
Scherzetto
Recitativo
TENORE SOLO E CORO
Ben presto la pallida fantasticheria di Romeo
Infonde letizia in tutti i suoi amici.
TENORE
"Mio caro" dice l'elegante Mercutio, "scommetto
Che ti ha fatto visita la regina Mab!"

TENORE SOLO E CORO
Mab, la messaggera
Delicata e leggera.
Ha per carrozza un guscio di noce
Che lo scoiattolo ha lavorato;
Le zampe del ragno
Hanno filato i suoi finimenti.
Durante le notti,
La fata, con questo minuscolo equipaggio.
Galoppa follemente nel cervello di un paggio
Che sogna tiri birboni
O una tenera serenata
Al chiaro di luna, sotto la torre.
Proseguendo la sua passeggiata
La piccola regina piomba
Sul collo abbronzato di un soldato.
Egli sogna cannonate
E belle stoccate,
II tamburo, la tromba!
Si sveglia, e subito
Impreca, e prega sempre imprecando,
Poi si riaddormenta,
E russa insieme ai suoi compagni.
È Mab che faceva tutto quel chiasso.
È ancora lei che in un sogno riveste
La fanciulla
E la conduce al ballo.
Ma il gallo canta, splende il giorno;
Mab fugge come un lampo
Nell'aria.
CORO
E presto la morte regna sovrana.
Caputeti, Montecchi, domati dai dolori,
Si riavvicinano infine per scongiurare l'odio
Che fece versare tanto sangue e tanti pianti.
(Esce il Coro)
II. ROMEO SOLO - TRISTEZZA
RUMORI LONTANI DI BALLO E DI CONCERTO - GRANDE FESTA IN CASA DEI CAPULETI
(Orchestra)

III. SCENA D'AMORE
Notte serena
Il Giardino dei Caputeti, deserto e silenzioso.
I giovani Caputeti, uscendo dalla festa, passano cantando delle reminiscenze della musica del ballo.
CORO I E II (FUORI SCENA)
Ehi, Capuleti! Buona sera, buona sera!
Ehi, buona sera, cavalieri, arrivederci!
Ah, che notte! Che banchetto!
Ballo divino! Che banchetto!
Che pazze parole!
Belle veronesi.
Sotto i grandi larici
Andate fantasticando le danze e l'amore,
Fino al giorno.
Tra la la la!
Andate fantasticando l'amore ecc.

SCENA D'AMORE (Orchestra)

IV. LA REGINA MAB O LA FATA DEI SOGNI
Scherzo (Orchestra)

V. CORTEO FUNEBRE DI GIULIETTA
CORO
Spargete fiori per la vergine spirata!
Fino alla tomba, spargete fiori, ecc.
Accompagnate alla tomba la nostra amata sorella!
VI. ROMEO AL SEPOLCRO DEI CAPULETI
Invocazione - Risveglio di Giulietta
Gioia delirante, disperazione
Ultima agonia e morte degli amanti
(Orchestra)

VII. FINALE
La folla irrompe nel cimitero
Rissa tra Capuleti e Montecchi
Recitativo e aria di Padre Lorenzo
Giuramento di riconciliazione
MONTAGUS ET CAPULETS (ensemble) MONTECCHI E CAPULETI
CORO DEI MONTECCHI
Che! Romeo è ritornato! Romeo!
Per Giulietta si chiude nella tomba
Dei Capuleti che la sua famiglia aborrisce!
Ah, maledizione su loro! Romeo!
CORO DEI CAPULETI
Che! Romeo è ritornato! Romeo!
I Montecchi hanno divelto la tomba
Di Giulietta morta all'aurora!
Ah, maledizione su loro!
ìMONTECCHI E CAPULETI
Cielo! Morti entrambi
E il loro sangue è ancora fumante!
Ah, che terribile mistero!
PADRE LORENZO
Ora svelerò il mistero.
Questo cadavere era lo sposo
Di Giulietta. Vedete
Questo corpo steso sulla terra ?
Era la moglie, ahimè, di Romeo!
Sono stato io che li ho sposati.
MONTECCHI E CAPULETI
Sposati!
PADRE LORENZO
Sì, lo devo confessare,
vi vedevo il pegno salvifico
Di una futura amicizia tra le vostre due casate.
MONTECCHI E CAPULETI (insieme)
I MONTECCHI
Amici dei Caputeti, noi!
Che siano maledetti!
I CAPULETI
Amici dei Montecchi, noi!
Che siano maledetti!
PADRE LORENZO
Ma voi avete ripreso la guerra di famiglia!
Per sottrarsi a un altro imene, l'infelice fanciulla
Mi venne a trovare disperata:
"Voi solo" gridò
"avreste potuto salvarmi"!
Non mi resta che morire! In quell'estremo pericolo.
Le feci prendere, per scongiurare la sorte,
Una pozione che, la sera stessa.
Le conferì il pallore, il gelo della morte.

PADRE LORENZO
E io venivo qui senza timore
a soccorrerla.
Ma Romeo, ingannato nella camera funebre,
Mi aveva preceduto per morire.
Sul corpo della sua amata.
E quasi al suo risveglio
Giulietta, saputo
Quale morte egli portava nel petto tormentato,
Col pugnale di Romeo si era armata contro se stessa
E passava all'eternità
Quando io arrivai! Ecco tutta la verità!
I MONTECCHI E I CAPULETI
Sposati!
PADRE LORENZO (Aria)
Poveri ragazzi, che io piango,
Caduti insieme anzitempo,
Sulla vostra cupa dimora
Verrà a piangere l'avvenire.
Grande per voi nella storia,
Verona un giorno - chi io crederebbe?-
Avrà la sua pena e la sua gloria
Solo nel vostro ricordo.

Dove sono ora quei truci nemici?
Capuleti, Montecchi! Venite, vedete, toccate!
L'odio nei vostri cuori, l'ingiuria nelle vostre labbra!
Avvicinatevi, o barbari, a questi pallidi amanti!
Dio vi punisce nei vostri affetti più teneri.
I suoi castighi, le sue folgori vendicatrici
Svelano il segreto dei nostri terrori.
Sentite la sua voce che tuona;
"Perché lassù la mia vendetta perdoni,
Dimenticate i vostri furori!".
I MONTECCHI E I CAPULETI
Ma il nostro sangue arrossa la loro spada!
I MONTECCHI
Anche il nostro si leva contro di loro!
I CAPULETI
Hanno ucciso Tebaldo!
I MONTECCHI
Chi uccise Mercutio?
E Benvolio?
I CAPULETI
E Tebaldo?
MONTAGUS ET CAPULETS
Perfides, point de paix! Non!
Non, lâches! Point de trêve! Non! I MONTECCHI E I CAPULETI
Perfidi, niente pace!
No, vigliacchi! Niente tregua!
PADRE LORENZO
Silenzio, infelici! Potete, senza rimorsi,
Davanti a un tale amore mostrare tanto odio!
Bisogna che la vostra furia si scateni in questi luoghi?
Alla luce delle fiaccole dei morti?
Gran Dio che vedi in fondo all'anima,
Tu sai se i miei desideri erano puri.
Gran Dio, con un raggio della tua fiamma
Tocca questi cuori cupi e duri,
E che il tuo soffio protettore.
Levandosi su di loro alla mia voce,
Scacci e dissipi la loro collera
Come la paglia in balia del vento!
Gran Dio, con un raggio ecc.
I MONTECCHI
O Giulietta! Dolce fiore!
I MONTECCHI E I CAPULETI
In questi supremi momenti,
gli stessi Capuleti (Montecchi) sono pronti
A intenerirsi sulla tua sorte.
Dio, che strano prodigio!
Mai più orrore, mai più odio,
Mai più lacrime del cielo!
L'intera nostra anima cambia.
Serment Giuramento della riconciliazione
PADRE LORENZO
Giurate tutti in nome dell'augusto simbolo.
Sul corpo della figlia e sul corpo del figlio,
In nome di questo legno doloroso che consola;
Giurate sul santo crocefisso,
Di suggellare fra voi un eterno legame
Di tenera carità, di fraterna amicizia.
E Dio che tiene in mano il futuro giudizio.
Iscriverà nel libro del perdono questo giuramento.
I MONTECCHI E I CAPULETI, PICCOLO CORO, POI PADRE LORENZO
Giurate (giuriamo) tutti in nome dell'augusto simbolo,
Sul corpo della figlia e sul corpo del figlio.
In nome di questo legno doloroso che consola;
Giurate (giuriamo) sul santo crocefisso,
Di suggellare fra voi (noi) un eterno legame
Di tenera carità, di fraterna amicizia!
E Dio che tiene in mano il futuro giudizio.
Iscriverà nel libro del perdono questo giuramento.
Sì, giurate (giuriamo) in nome dell'augusto simbolo.
Sul corpo della figlia e sul corpo del figlio.
In nome di questo legno doloroso che consola;
Giurate (giuriamo) dj spegnere
ogni risentimento, amici, per sempre!


Traduzione dal francese di Olga Visentini

Re: H. Berlioz

25/03/2012, 17:40


Symphonie Phantastique Op 14








Dal primo programma di sala ..

(IT)
« Il compositore si è posto il fine di sviluppare nella loro essenza musicale diverse situazioni della vita di un artista. La trama del dramma strumentale, privo dell'ausilio della parola, dev'essere esposta anticipatamente. Il seguente programma va dunque considerato come il testo parlato di un'opera, utile ad unire frammenti musicali di cui esso motiva il carattere e l'espressione. Berlioz prevede però che si possa non tener conto del programma, poiché la Musica basta a se stessa:

Il seguente programma dev'essere distribuito all'uditorio ogni volta che la Sinfonia Fantastica sia eseguita in forma drammatica e di conseguenza seguita dal monodramma Lelio, che termina e completa l'episodio della vita d'un artista. In tal caso, l'orchestra invisibile è disposta sulla scena d'un teatro al di là del sipario abbassato.

Se si esegue la sinfonia isolatamente in concerto, questa disposizione non è più necessaria: a rigore, è possibile anche evitare di distribuire il programma, conservando soltanto il titolo dei cinque pezzi; la sinfonia (l'autore lo spera) può garantire di per se stessa un interesse musicale indipendente da ogni intenzione drammatica.

Prima parte: Fantasticherie – Passioni

Il compositore immagina che un giovane musicista, agitato da quella infermità spirituale che un celebre scrittore denomina l'indeterminatezza delle passioni, vede per la prima volta una donna che riunisce tutto il fascino dell'essere ideale che la sua immaginazione ha vagheggiato, e se ne innamora perdutamente. Per una strana bizzarria, la cara immagine non appare alla mente dell'artista che legata a un'idea musicale, in cui egli avverte un certo carattere appassionato, ma nobile e riservato, come quello che attribuisce all'oggetto amato.

Questa immagine melodica e il suo modello lo perseguitano incessantemente come una doppia idea fissa. Ecco perché la melodia iniziale del primo Allegro ricorre costantemente in ogni movimento della sinfonia. La transizione da uno stato di sognante malinconia, interrotta da vari accessi di gioia immotivata, ad uno di passione delirante, con i suoi impulsi di rabbia e gelosia, i suoi ricorrenti momenti di tenerezza, le sue lacrime e le sue consolazioni religiose, è l'argomento del primo movimento.

Seconda parte: Un ballo

L'artista viene a trovarsi nelle più diverse circostanze della vita: nel mezzo del tumulto d'una festa, nella pacifica contemplazione delle bellezze della natura; ma ovunque, in città o in campagna, la cara immagine gli si presenta e turba la sua anima.

Terza parte: Scena campestre

Trovandosi una sera in campagna, sente in lontananza due pastori che suonano, facendosi eco, una melodia campestre; questo duetto pastorale, lo scenario naturale, il frusciare leggero degli alberi dolcemente agitati dal vento, alcuni motivi di speranza ch'egli subito concepisce, tutto concorre a restituire al suo cuore una pace inusuale e a dare ai suoi pensieri un colore più gaio. Egli riflette sul proprio isolamento, spera che presto non sarà più solo... Ma se lei lo deludesse!... Questo miscuglio di speranza e timore, questi pensieri di felicità turbati da neri presentimenti formano il soggetto dell'Adagio. Alla fine, uno dei pastori riprende la melodia campestre; l'altro non risponde più... Rumore lontano di tuono... Solitudine... Silenzio...

Quarta parte: Marcia al supplizio

Avendo maturato la certezza che non solo colei ch'egli adora non corrisponde il suo amore, ma che è incapace di comprenderlo e addirittura ne è indegna, l'artista si avvelena con dell'oppio. La dose del narcotico, troppo esigua per dargli la morte, lo sprofonda in un sonno accompagnato dalle più atroci visioni. Egli sogna di aver ucciso la sua amata, di essere condannato e condotto al supplizio, di assistere alla sua stessa esecuzione. Il corteo avanza al suono di una marcia ora ombrosa e selvaggia, ora brillante e solenne, nella quale un rumore sordo di gravi passi è seguito senza transizione da scoppi di fragore eclatante. Conclusa la marcia, le prime quattro battute dell'idea fissa ricompaiono come un ultimo pensiero d'amore interrotto dal colpo fatale.

Quinta parte: Sogno di una notte di sabba
Egli vede se stesso al sabba, nel mezzo di un'orda spaventosa di ombre, di stregoni, di mostri d'ogni specie, riuniti per i suoi funerali. Strani rumori, gemiti, scoppi di risa, grida lontane alle quali altre grida sembrano rispondere. La melodia amata compare ancora, ma essa ha perduto il suo carattere di nobiltà e di timidezza; ormai non è altro che un'aria di danza ignobile, triviale e grottesca: è lei che giunge al sabba... Ruggito di gioia al suo arrivo... Ella si unisce all'orgia diabolica... Campane a morto, parodia burlesca del Dies Irae, ronda del Sabba. La ronda del Sabba e il Dies Irae insieme. »


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